Règles d'usage

Maîtriser les règles du français et demeurer à la fine pointe de l’usage correct n’est pas une mince tâche, car les pièges sont nombreux. C’est particulièrement vrai lorsque le milieu de travail est bilingue et que les communications passent fréquemment d’une langue à l’autre.

Afin d’aider les gens d’affaires à rédiger plus facilement leurs documents, nous avons regroupé dans cette page une cinquantaine de règles d’usage qui sont extraites de l’excellent logiciel Antidote, de notre partenaire Druide informatique.

Deux anglicismes latinos : i.e. et e.g.

On rencontre de plus en plus souvent dans des textes français les mystérieuses abréviations i.e. et e.g., utilisées respectivement au sens de « c’est-à-dire » et de « par exemple ». Des exemples à suivre, est-ce à dire ?
 
Cette pratique, récente en français, trahit l’influence de l’anglais, langue qui emploie couramment et depuis longtemps ces latinismes. En effet, ce sont deux locutions latines qui se cachent derrière ces lettres : i.e. est l’abréviation de id est (« c’est-à-dire »), tandis que e.g. abrège exempli gratia (« par exemple »).
 
En anglais, ces abréviations sont devenues de véritables sigles lexicalisés. L’anglophone qui les lit ne prononce habituellement pas la forme développée (qu’il ignore souvent), mais les épelle plutôt comme des sigles : i.e. est prononcé « eye ee » et e.g. est prononcé « ee gee ».
 
Parfois le lecteur anglophone prononcera plutôt l’expression anglaise équivalente : i.e. sera alors prononcé « that is (to say) » et e.g. sera prononcé « for example ». Dans cette façon de faire, on pourrait dire que i.e. et e.g. jouent une fonction de symbole plutôt que de sigle ou d’abréviation.
 
Outre les problèmes de prononciation, ces deux expressions causent des problèmes d’écriture et de typographie en anglais. Il y a plusieurs façons concurrentes de les écrire, avec ou sans points et espace (i. e.,i.e.,ie.,ie), en caractères romains ou en italiques, et nos amis anglophones se disputent encore pour savoir si elles devraient être toujours suivies ou non d’une virgule dans la phrase.
 
Plus grave, elles causent aussi des problèmes de compréhension, et ce, chez les anglophones eux-mêmes. Ils commettent souvent l’erreur d’utiliser l’une au sens de l’autre, ce qui peut occasionner de fâcheuses équivoques.

Importer ces expressions en français, ce serait importer des problèmes similaires. Problèmes inutiles, puisque l’on dispose déjà de deux abréviationsbien françaises, au sens bien transparent. Dans un texte français, il n’y a aucune raison de ne pas utiliser les expressions c’est-à-dire et par exemple ou leur abréviation respective :
  • l’abréviation c.-à-d., qui se prononce c’est-à-dire
  • l’abréviation p. ex., qui se prononce par exemple
C’est le propre de toute abréviation que de se prononcer comme la forme développée. Si la forme courte se prononçait différemment, il ne s’agirait plus d’une abréviation au sens strict, mais d’un autre type de forme abrégée (troncation, sigle, acronyme, symbole).
 
Comme c.-à-d. et p. ex. ne sont pas des abréviations latines, elles ne se composent pas en caractères italiques mais en caractères romains (droits).
L’Office québécois de la langue française recommande d’utiliser ces abréviations françaises au lieu des anglo-latinismes i.e. et e.g. C’est aussi la position adoptée par Druide informatique et son logiciel Antidote, dont le module correcteur alerte le scripteur qui laisse échapper un i.e. ou un e.g. malencontreux, qu’il peut remplacer automatiquement par l’équivalent français.
 
Pour conclure, rappelons le principe général voulant qu’une abréviation ne soit utilisée que si le manque d’espace le justifie.
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